Les voitures électriques ne sont pas une solution miracle à la pollution

Les voitures électriques ne sont pas une solution miracle à la pollution Le Québec et le Canada misent gros sur l’électrification des transports pour atteindre leurs cibles climatiques. Or, si ces véhicules émettent moins de gaz carbonique que leurs pendants à moteur thermique, ils ne sont pas exempts de toute pollution atmosphérique, révèle une étude comparative tout juste publiée par l’Agence française de la transition écologique (ADEME). En plus des émissions de gaz carbonique (CO2) et d’oxydes d’azote (NOX), les véhicules à essence ou diesel produisent des particules fines, qui contribuent notamment à la formation du smog urbain et dont l’absorption peut provoquer différentes maladies graves. Le resserrement des règles antipollution ces dernières années, tant en Amérique du Nord qu’en Europe, a mené à l’installation par les constructeurs de filtres d’émissions de plus en plus efficaces afin d’éliminer les particules produites par les moteurs à combustion. Résultat: plus de la moitié des particules fines émises par les véhicules routiers à l’heure actuelle ne proviennent plus de l’échappement, mais bien de l’usure d’autres éléments, constate l’ADEME. Dans un rapport, l’agence indique que «les études récentes ne montrent pas un écart significatif d’émissions totales de particules entre les véhicules électriques à forte autonomie et les véhicules thermiques neufs actuels [...]». Cette tendance va s’accentuer, et les émissions globales de particules ne baisseront plus si aucune réglementation sur les émissions de particules de frein ou de pneus n’est mise en place, ajoute l’agence française. Quant à l’impact qu’auront les véhicules électriques sur cette tendance, elle précise que, comme ces véhicules sont généralement plus lourds et qu’ils recourent à des pneumatiques plus larges, on ne peut pas compter sur les réductions d’émissions qu’occasionne le freinage régénératif, qui ralentit le véhicule à l’aide du moteur plutôt que des freins. Si les véhicules électriques promettent d’éliminer les émissions de GES des moteurs thermiques, ce n’est pas le cas des particules fines hors échappement, et ces dernières continueront d’affecter la santé des humains, des sols et des cours d’eau.