Coronavirus: malades de solitude

La solitude, exacerbée par l'isolement social vécu pendant le confinement, a pu causer de nombreux effets délétères sur la santé psychologique, mais aussi sur la santé physique. C'est ce que rappellent les Dr Danilo Bzdok, professeur à l’Institut neurologique de Montréal et à Mila, et Robin Dunbar, de l’Université Oxford dans un article de la revue Trends in Cognitive Sciences. Ces effets secondaires pourraient entraîner des coûts en soins de santé aussi importants, voire supérieurs, à ceux de la COVID-19, indique le Dr Bzdok. La solitude accélère le développement des maladies neurodégénératives, en particulier la maladie d’Alzheimer, dont le nombre de diagnostics pourraient croître au sortir de la crise. . Les personnes qui souffrent de la solitude sont aussi plus souvent victimes d’accidents vasculaires cérébraux et de crises cardiaques. Elles sont plus susceptibles de contracter des infections et d’en souffrir plus gravement, en raison de défenses immunitaires diminuées. «Les gens qui vivent en permanence dans la solitude se retrouvent de façon chronique dans une situation de stress», explique aussi le Dr Bzdok. Cette sollicitation permanente des circuits du stress « a des conséquences sur beaucoup d’autres choses, comme la mémoire et la qualité du sommeil. ». Sur le plan psychologique, des études ont indiqué que les personnes qui se sentent seules ont souvent une perception déformée, voire erronée de la réalité. La solitude est associée à plusieurs troubles mentaux, principalement la dépression et l’anxiété. « Toutefois, on ne sait pas très bien si c’est le sentiment de solitude qui précipite quelqu’un dans la dépression ou si c’est la dépression qui le plonge dans la solitude », affirme le Dr Bzdok.