Pleurer ses morts à l'ère du coronavirus

La crise sanitaire a radicalement changé, en un temps record, le rapport au deuil dans tous les lieux liés à la mort. Chez les membres de la Corporation des thanatologues du Québec, environ 80 % des cérémonies ont été reportées. Des cérémonies funéraires continuent tout de même d’avoir lieu, à la demande des familles, mais en distinguant «les opérations sans COVID et avec COVID». La Corporation des thanatologues du Québec favorise une rediffusion par webcaméra pour les cérémonies. Les membres de la Fédération des coopératives funéraires du Québec n’offrent plus que des services de crémation ou, dans de rares cas, des événements presque privés. Tous les événements, depuis les condoléances jusqu’aux funérailles, en passant par la cérémonie, sont remis à une date ultérieure. Au CHUM, les visiteurs de la morgue ne sont plus acceptés pour les cas de COVID-19. . Pour les autres morts, un seul visiteur est désormais permis, après des arrangements où la famille est tenue à l’écart par des procédures administratives. L’Agence de protection de la santé des États-Unis insiste pour que les funérailles soient désormais retransmises par webcaméra afin d’éviter des rassemblements. En Espagne, les funérailles sont désormais interdites. De tels rassemblements sont jugés susceptibles de propager davantage la COVID-19, ce qui a été avéré dans au moins une circonstance. En Italie, la participation à un enterrement est interdite. Mais ils sont nombreux à braver l’interdiction, risquant une amende salée.