Finalement, l’été va-t-il ralentir la pandémie?

En février, Donald Trump disait que le virus allait disparaître miraculeusement quand le beau temps reviendrait. À l’époque, tous les spécialistes l’accusaient d’afficher un dangereux optimiste, mais peu d’études existaient sur le sujet. Le portrait est plus clair maintenant : le climat a certes une influence sur le virus, mais celle-ci est relativement faible. Quand il fait plus chaud, les particules virales peuvent se dégrader plus rapidement en dehors du corps humain, tandis que des températures fraîches favorisent leur conservation. D’autres paramètres météo influencent plutôt la transmission des virus d’une personne à l’autre. Par exemple, lorsque l’air est humide, les gouttelettes fines pouvant le transporter s’évaporent moins rapidement et tombent plus vite vers le sol. Des spécialistes de l’École médicale de Harvard ont considéré la température moyenne, la température diurne, l’indice UV, l’humidité, la pression de l’air et les précipitations, de même que certains polluants atmosphériques. À Montréal, les chercheurs de Harvard estiment que l’été diminue de 15 % le potentiel de reproduction par rapport à la normale. En hiver, ils évaluent que la météo augmente le taux de reproduction du coronavirus (Ro) de 10 %. À travers le monde, les variations calculées atteignent rarement 50 %, dans un sens ou l’autre. Cela indique « que les changements à venir dans la météo, à eux seuls, ne seront pas suffisants pour entièrement contenir la transmission de la COVID-19 ». Ainsi, à court terme, d’autres phénomènes sont beaucoup plus importants pour déterminer la trajectoire des courbes épidémiques — par exemple, l’absence d’immunité dans la population, ainsi que les politiques publiques mises en place. À plus long terme, cependant, les variations saisonnières de la météo pourraient dicter la prévalence de la COVID-19, comme c’est le cas avec la grippe.