Comprendre l'affaire UNIS

Le premier ministre Justin Trudeau et son cabinet se sont retrouvés au cœur d’une controverse au sujet de l’octroi d’un contrat à l’organisme UNIS. L’affaire fait maintenant l’objet d’une enquête par le Commissariat aux conflits d’intérêts et à l’éthique. Retour sur les événements. Afin d’amortir l’impact de la crise sanitaire, le gouvernement fédéral a mis sur pied un programme de bourses destinées aux étudiants. Ce programme offre aux étudiants admissibles jusqu’à 5000 $ en échange d’heures de bénévolat. Le cabinet Trudeau a sélectionné l’organisme de bienfaisance UNIS afin de gérer le programme de bénévolat. L’organisme vient notamment en aide aux enfants dans les pays défavorisés. Le contrat octroyé à UNIS pour gérer le programme de bénévolat est d’une valeur de 912 millions de dollars. Quelques jours plus tard, l’organisme a indiqué avoir convenu avec le gouvernement Trudeau de se retirer de la gestion du programme. Ce seront plutôt des fonctionnaires qui administreront les bourses. Depuis, plusieurs liens entre les deux cofondateurs de l’organisme, les frères Craig et Marc Kielburger, et la famille du premier ministre ont été révélés. La mère, le frère et la conjointe de Justin Trudeau auraient reçu d’importantes sommes en échange de discours prononcés au sein de l’organisation. Dans la foulée des événements, le ministre des Finances fédéral, Bill Morneau, a reconnu que sa fille a travaillé pour UNIS dans le passé. Plusieurs autres membres du cabinet étaient proches de l’organisation. Depuis, M. Morneau a remboursé 41 000 $ à l’organisme pour couvrir des dépenses liées à deux voyages humanitaires faits en 2017 et organisés par UNIS. Sa famille et lui y ont participé alors qu’il était ministre. Le remboursement s’est avéré insuffisant aux yeux du député conservateur Pierre Poilievre et ses collègues Michael Cooper et Michael Barrett. M. Poilievre réclame le départ du ministre des Finances. Pour sa part, Justin Trudeau s’est rangé du côté de son ministre, le qualifiant de « franc et direct ». Justin Trudeau a également présenté ses excuses pour avoir consenti à l’octroi du contrat, admettant qu’en raison des liens qu’il entretenait avec l’organisme, « il n’aurait pas dû faire partie de la discussion ». Le Commissariat aux conflits d’intérêts et à l’éthique a annoncé qu’il enquêtera afin de déterminer si le premier ministre a contrevenu à la loi en choisissant l’organisme UNIS. La loi interdit entre autres aux ministres et à leur famille d’accepter des voyages payés parce que cela pourrait être vu comme une tentative d’influence. Le Bloc québécois demande que M. Trudeau cède sa place comme premier ministre, le temps que le commissaire enquête sur l’affaire. Les conservateurs et les néodémocrates ont également demandé au commissaire à l’éthique d’élargir son enquête pour y inclure les voyages financés par l’organisation. À la suite du déclenchement de l’enquête, le bureau du premier ministre a annoncé qu’il acceptait de témoigner devant le comité parlementaire sur cette affaire. Les modalités quant à la date et l’heure seront connues prochainement.